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Les 10 bonnes pratiques essentielles pour un SDLC efficace

Les 10 bonnes pratiques du SDLC que toute équipe de développement de logiciel devrait connaître

À l'ère de l'innovation constante et de la technologie en perpétuelle évolution, la pression pour fournir rapidement des logiciels de haute qualité est plus élevée que jamais. Pour que les organisations gardent une longueur d'avance, il est impératif de mettre en place un cycle de vie du développement logiciel (Software Development Life Cycle ou SDLC) bien défini. Il permet aux équipes de rationaliser les processus, de déléguer la propriété, de minimiser les erreurs, de maximiser la productivité et, finalement, de mener à bien les projets dans les délais et en respectant les normes de qualité requises. 

Dans cet article, nous allons partager une liste de bonnes pratiques et de principes directeurs qui ouvrent la voie à un SDLC bien défini et efficace.

Qu’est-ce que le SDLC et pourquoi les bonnes pratiques sont-elles importantes?

Le cycle de vie du développement logiciel est un processus structuré et progressif de création de logiciels. Il fournit une feuille de route divisée en étapes distinctes pour guider les équipes du concept initial (idéation) jusqu'au développement, aux tests, au déploiement et à la maintenance continue. Si les phases principales restent cohérentes, les bonnes pratiques peuvent être mises en œuvre à chaque étape afin d'optimiser le SDLC pour votre projet spécifique.

Commençons par explorer l'importance des bonnes pratiques du SDLC et les raisons pour lesquelles elles sont essentielles au développement de logiciels de haute qualité :

  • Amélioration de la qualité des logiciels : Les bonnes pratiques du SDLC contribuent directement à l'amélioration de la qualité du code en favorisant des processus tels que les révisions de code, la conception modulaire, les tests automatisés et la normalisation du code.
  • Meilleure rapidité de livraison : En rationalisant les processus et en identifiant les problèmes à un stade précoce, les bonnes pratiques permettent de déployer plus rapidement les nouvelles fonctionnalités et les corrections de bogues. Les cycles de publication accélérés aident les entreprises à rester agiles et compétitives.
  • Alignement et clarté : Une communication claire et des rôles définis permettent à chacun, y compris aux équipes de développement, aux testeurs et aux chefs de projet, d'être sur la même longueur d'onde par rapport aux exigences et aux résultats. Cette compréhension commune permet d'éviter les désalignements et les dérives.
  • Augmentation de la sécurité : Les bonnes pratiques de sécurité du SDLC contribuent à décaler la sécurité vers la gauche, ce qui signifie que les considérations de sécurité sont intégrées tout au long du processus de développement, plutôt qu'à la fin. Cette approche réduit les risques de vulnérabilité des produits livrés.
  • Réduction des coûts : Les bonnes pratiques permettent d'éviter d’augmenter la charge de travail et de causer des retards aux différents stades du SDLC. Cela permet de minimiser les coûts de développement et de maximiser l'utilisation des ressources.

Les 10 bonnes pratiques du SDLC à suivre

Maintenant que nous avons exploré leur raison d'être, voyons quelles sont les bonnes pratiques fondamentales qui transformeront votre processus de développement logiciel.

Formaliser l'analyse des besoins pour construire une base solide

Un SDLC bien défini repose sur un processus formalisé d'analyse des besoins. Cette étape permet de comprendre clairement quels sont les objectifs du logiciel. Sans une approche formelle de l'analyse des besoins, les parties prenantes risquent d'avoir des attentes différentes, ce qui entraînera des malentendus, demandera plus de travail et fera en sorte que le produit ne répondra pas aux attentes. 

Toutefois, la nature itérative du SDLC signifie qu'il n'est pas nécessaire de régler tous les détails dès le début. En se concentrant sur la définition des exigences de haut niveau, on obtient un point de départ solide, qui peut être affiné au fur et à mesure que le projet avance.

Pour formaliser le processus, une bonne première étape consiste à créer des documents clés qui décrivent les fonctionnalités, les caractéristiques et les besoins des utilisateurs du projet. En voici quelques exemples :

  • Document sur les exigences fonctionnelles : Une liste complète des caractéristiques et des fonctionnalités à implémenter.
  • Document sur les exigences non fonctionnelles : Des spécifications concernant la performance, la convivialité, la sécurité et d'autres aspects non fonctionnels du logiciel.
  • Histoires d'utilisateurs : De brefs récits décrivant comment un type d'utilisateur spécifique interagira avec le logiciel pour atteindre un objectif.

Il est important d'impliquer toutes les parties prenantes dans l'analyse des besoins afin d'acquérir une bonne compréhension des besoins du projet et des défis potentiels. Cela dit, il faut éviter de se perdre dans les détails, car cela peut ralentir l'ensemble du SDLC.

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Faire de la sécurité une partie intégrante du projet

Pour créer des logiciels sécurisés, faites de la sécurité une partie intrinsèque de l'ensemble de votre processus de développement. Voici quelques pratiques clés pour y arriver :

  • Les développeurs doivent écrire leur code en gardant la sécurité à l'esprit, en suivant les bonnes pratiques telles que la validation et l'assainissement des données ainsi que les méthodes d'authentification sécurisées. Ils doivent également utiliser des outils d'analyse de la sécurité tels que SonarQube pour identifier les zones sensibles et les vulnérabilités en matière de sécurité avant de soumettre le code à des tests.
  • Les testeurs devraient également élaborer une liste de vérification pour le SDLC sécurisée afin de tester le code pour les vulnérabilités courantes, telles que l'injection SQL, le Cross-site scripting (XSS) et les Insecure Direct Object References (IDOR).
  • Les pipelines d'intégration continue (CI) et de livraison continue (CD) devraient également intégrer des paramètres de sécurité, tels que des analyses de vulnérabilité et des vérifications de sécurité automatisées, afin d'empêcher le déploiement de code présentant des risques de sécurité connus.
  • Les responsables de la sécurité (par exemple, les équipes DevSecOps) devraient former les membres de l'équipe aux bonnes pratiques en matière de sécurité, intégrer les meilleurs outils de sécurité à l'écosystème et favoriser une culture de la sécurité.

Mettre en œuvre un processus normalisé d'examen du code

Grâce aux revues de code, les développeurs peuvent identifier et corriger les bogues potentiels et les cas particuliers, suggérer des améliorations et partager leurs connaissances avec leurs collègues. Voici comment mettre en œuvre un processus normalisé de révision du code :

  1. Pour le développement de nouvelles fonctionnalités et la correction de bogues, les développeurs doivent créer des branches isolées de la base de code principale (souvent appelée branche maîtresse).
  2. Une fois qu'un développeur a terminé son travail dans la branche des fonctionnalités, il doit créer une demande de fusion (pull request ou PR), qui propose de fusionner les modifications de la branche des fonctionnalités avec la branche principale. La PR doit contenir une description claire et concise des modifications apportées, ainsi que le contexte pertinent, tel que les tickets et les problèmes connexes.
  3. D'autres développeurs doivent ensuite réviser la PR, en donnant leur avis sur la clarté, la fonctionnalité, le respect des normes de codage et les domaines potentiels d'amélioration.
  4. Une fois la PR approuvé par les pairs, le code peut être fusionné dans la branche principale.

Mettre en place des tests automatisés 

L'automatisation des tests est un pilier fondamental d'un SDLC solide. Elle permet de détecter rapidement les erreurs, de réduire le temps consacré aux tests manuels et d'améliorer la confiance globale dans le code. Les développeurs doivent écrire des tests unitaires pour vérifier la fonctionnalité de chaque unité de code, et des tests d'intégration pour s'assurer que les différents modules fonctionnent bien ensemble.

Pour une efficacité maximale, vous pouvez intégrer votre suite de tests automatisés dans vos pipelines CI/CD. Cela permet aux tests d'être exécutés automatiquement chaque fois que de nouvelles modifications sont apportées au dépôt de code.

Vous pouvez même définir des règles pour interdire les fusions si les PR ne respectent pas un certain pourcentage de couverture des tests (par exemple, 100 %). Des outils comme Bitbucket et GitLab prennent en charge cette fonctionnalité.

Briser l’isolement pour réussir

La réussite des projets s'appuie sur une communication ouverte, des flux de travail rationalisés et un sentiment d'appartenance partagé. Faites tomber les barrières de l'information en encourageant une communication ouverte à tous les niveaux et dans tous les services. Des réunions d'équipe régulières, des mises à jour de l'état d'avancement et des plateformes de gestion de projet favorisent la transparence et maintiennent l'implication et l'alignement de tous.

En outre, il convient d'encourager l'écoute active, d'offrir des possibilités de retour d'information et de prise en compte des préoccupations, et de résoudre rapidement les conflits. Donnez aux membres de l'équipe les moyens de s'approprier leurs tâches et leurs projets, et reconnaissez leurs contributions et leurs réalisations. Vous créerez ainsi une culture de collaboration dans laquelle les membres de l'équipe se sentiront valorisés, motivés et responsables de la réussite du projet.

Documenter le(s) processus

Une documentation claire et concise permet à toutes les personnes impliquées dans le projet d'avoir une compréhension commune de l'objectif, des fonctionnalités et des exigences de maintenance du logiciel. Outre la documentation sur les exigences évoquée ci-dessus, voici les types de documentation sur lesquels il convient de se concentrer :

  • La documentation de conception : Elle comprend les diagrammes d'architecture du système, les schémas de base de données et les spécifications de l'API. Par exemple, la documentation de conception d'une application mobile peut illustrer le flux de données entre l'interface utilisateur, la couche logique de l'application et le serveur dorsal.
  • Documentation du développeur : Elle comprend des commentaires sur le code, des normes de codage et des références de l'API.  
  • Documentation destinée aux utilisateurs : Ce type de documentation comprend les manuels d'utilisation, les didacticiels et les notes de mise à jour.
  • Base de connaissances : Une base de connaissances peut inclure des pages wiki pour les bonnes pratiques et les foires aux questions (FAQ), ainsi qu'un glossaire pour définir les termes techniques.
  • Documentation sur les tests : Cette documentation décrit la stratégie de test, les cas de test et les résultats attendus.  

Effectuer le suivi de l'avancement du projet

Utilisez des métriques et des indicateurs clés de performance (ICP) pour mesurer les performances de votre équipe et l'avancement de votre projet. Des outils de mesure de l'ingénierie comme Axify peuvent être utilisés à cette fin. Voici quelques indicateurs à prendre en compte :

  • Taux de livraison des fonctionnalités : Il s'agit de mesurer le temps nécessaire à la livraison de nouvelles fonctionnalités et de suivre les progrès accomplis par rapport aux objectifs du projet.
  • Temps moyen de résolution (MTTR) : Surveillez le temps nécessaire à la résolution des bogues et des problèmes, en vue d'une amélioration continue.
  • Fréquence de déploiement : Suivez la fréquence de déploiement des nouvelles fonctionnalités et des mises à jour de votre logiciel, en visant une fréquence élevée de versions fiables.
  • Densité des défauts : Quantifier le nombre de défauts par unité de code pour garantir la qualité et la stabilité.

Mettre en œuvre un suivi des performances

Votre liste de suivi du SDLC devrait également inclure le suivi des performances. En surveillant de manière proactive l'état de santé et les performances de vos applications, vous réduisez les risques de goulots d'étranglement et de temps d'arrêt. Voici comment mettre en place un suivi des performances :

  1. Commencez par identifier les indicateurs clés les plus importants pour votre application. Par exemple, les temps de chargement des pages, les temps de réponse des API, les vitesses d'exécution des requêtes de base de données, l'utilisation de la mémoire, etc.
  2. Sélectionnez l'outil de suivi qui répond le mieux aux besoins de votre pile technologique. Les options les plus courantes sont les suivantes : Prometheus, New Relic et Nagios.
  3. Équipez votre application pour collecter des données de performance et les transmettre à l'outil de suivi. De nombreux outils de suivi, y compris ceux mentionnés ci-dessus, proposent des bibliothèques et des cadres qui facilitent le processus.
  4. Utilisez les capacités de visualisation de l'outil pour présenter les mesures de performance dans un format facile à comprendre.
  5. Configurez des alertes pour aviser les administrateurs lorsque les métriques de performance s'éloignent des seuils établis.

Adopter un plan d'urgence

Même le SDLC le mieux planifié peut se heurter à des difficultés imprévues. Des bogues inattendus, des contraintes de ressources ou des dépendances externes peuvent perturber le processus de développement et menacer le délai du projet. Adopter un plan d'urgence vous permet de vous préparer à de telles situations et à y faire face. Voici comment procéder :

  • Analysez les composantes critiques de votre projet et identifiez les points de défaillance potentiels, tels que les problèmes techniques, les goulets d'étranglement procéduraux, les cybermenaces ou la rotation du personnel. Par exemple, pour un projet de développement d'applications mobiles, les risques potentiels peuvent être : des problèmes de compatibilité avec différents modèles d'appareils ou des retards dans l'obtention des approbations de l’App Store.
  • Une fois que vous avez identifié les risques potentiels, créez des plans et des procédures de secours pour chacun d'entre eux. Par exemple, pour éviter les problèmes de compatibilité dans votre projet d'application mobile, vous pouvez prévoir d'effectuer des tests approfondis sur plusieurs modèles d'appareils avant le lancement.  
  • Un certain degré de flexibilité est essentiel dans le délai d'un projet. Prévoyez une période tampon pour faire face aux retards inattendus ou aux tâches imprévues. 

S’améliorer en continu - un parcours sans fin

La dernière bonne pratique, et sans doute la plus importante pour un SDLC réussi, est un engagement en faveur de l'amélioration continue. Examinez régulièrement l'efficacité de votre SDLC afin d'identifier les domaines à améliorer et de maintenir votre processus de développement optimisé et adaptable. Voici quelques conseils à cet égard :

  • Organisez des rétrospectives à la fin de chaque sprint, livraison ou projet pour identifier ce qui a bien et moins bien fonctionné, recueillir les commentaires des membres de l'équipe, documenter les leçons tirées et définir les mesures à prendre pour améliorer la situation.
  • Établissez des canaux clairs pour recueillir les commentaires tout au long du SDLC. Accordez une attention particulière aux thèmes récurrents et aux sujets de préoccupation dans les données recueillies à l’aide des commentaires.
  • Établissez des priorités et mettez en œuvre les changements jugés nécessaires, puis surveillez les progrès pour vous assurer que les améliorations ont l'impact souhaité.
  • Encouragez votre équipe à se tenir informée des dernières avancées en matière de méthodologies, d'outils et de bonnes pratiques de développement logiciel.

Conclusion

En mettant en œuvre les bonnes pratiques décrites ci-dessus, vous serez sur la bonne voie pour créer un cycle de vie de développement logiciel efficace qui permettra à votre équipe de fournir des logiciels de haute qualité avec rapidité, agilité et précision. 

En poursuivant sur cette voie, passez à l'étape suivante en évaluant le niveau de maturité de votre équipe. Notre outil d'évaluation de la maturité rapide est conçu pour vous aider à évaluer les forces de votre équipe et à identifier les domaines de croissance. Vous pouvez y accéder ici